Le néon de la lumière de la salle de bains faisait un bruit atroce, mais Camille ne le remarqua pas, trop plongée dans ses pensées. Elle se lava les dents, réfléchissant plus profondément à son rêve. Deux détails l'avaient marquée : Le visage de l'homme au capuchon et le comportement étrange de Guillaume. Ce dernier était son ami proche, mais pourquoi lui aurait-il prit la main ? Un rapport avec l'homme étrange ? Et cette sensation qu'elle avait ressentit, ce froid glacial lorsque la brume était apparue... Elle l'avait bien ressentie !
Elle ferma le robinet d'eau et retourna dans sa chambre. La fenêtre était ouverte, bien que le volet eut été légèrement ouvert également. La sensation glacée était peut-être un simple courant d'air...? Elle choisit des vêtements dans son armoire et fila à la salle de bains. Sous la douche, elle se détendit un peu. Après tout, ce n'était qu'un rêve... Oui mais, dans un rêve, c'est celui qu'on aime qui nous prend la main ! Pas un ami... Lorsqu'elle sortit de la salle de bains, il lui restait environ une demi-heure avant de partir pour le collège. Camille était en quatrième au collège André Malraux, un collège de Paris, dans le 17°Arrondissement. Il y a deux ans de cela, elle avait déménagé dans le 17ème arrondissement à Paris. Aujourd'hui était la veille de son départ et elle ne voulait pas partir. Ses amis lui manqueraient trop... Elle déménageait vers Grenoble, c'est-à-dire pratiquement à l'autre bout de la France. Elle était déprimée, mais aujourd'hui étant sa dernière journée de cours dans ce collège, elle décida de se donner à fond. Ses amis allaient vraiment lui manquer... Et puis, dans tout ça, il y avait Julien. Depuis son arrivée, Camille n'avait vu que lui. Elle rêva un bon moment avant de s'apercevoir que la demi-heure était passée et qu'elle était en retard. Sa s½ur, encore en pyjama, qui ne travaillait pas aujourd'hui, faillit tomber dans les escaliers, renversée par une bombe atomique qui courait vers la porte d'entrée. Camille sortit en courant de la maison. Son cartable sur le dos, elle avait du mal à courir avec tout le poids des cahiers. D'ailleurs, elle les avait pris pour rien. Aujourd'hui la journée fut vraiment la pire de sa vie. Les profs avaient appris qu'elle partait et le savaient depuis un bon moment, mais aujourd'hui, veille de son départ, ils étaient insupportables, et Camille les aurait bien tous tués, sans exceptions. La prof d'Anglais avait commencé son cours par la Bande Dessinée du manuel qui racontait (en Anglais) l'histoire de trois adolescents. Elle avait fait relire une bonne dizaine de fois le passage où Bill s'en va et quitte ses amis Laura et Harry. Camille avait vraiment faillit hurler de rage. Le cours suivant, la prof de Géographie a commencé à parler de la différence entre Grenoble et Paris. Le cours avait été insupportable et Camille avait hurlé dans la cour lorsqu'elle était sortie de la salle de classe, à la fin du cours. Pour lui remonter le moral , il y avait des épinards à la cantine (ironie). Elle ne mangea rien, non pas parce qu'elle n'aimait pas, mais elle n'avait vraiment pas faim. L'après-midi, en cours de musique, Le prof avait passé du Calogero en précisant bien que c'était un chanteur qui était né pas loin de Grenoble. Vraiment. Camille n'en put plus et finit par exploser en larmes à la fin du morceau. Tous les élèves la regardaient, étonnés. Dans n'importe quelle situation, elle aurai gardé son sang-froid, mais là, cela devenait impossible de supporter ça. Tout le monde lui lançait des regards interrogateurs, lorsque Léa intervint.
- Écoutez, je crois que Camille est fatiguée et surtout frustrée à cause de son déménagement de demain. Et depuis ce matin, je ne sais pas ce qu'ont les profs, mais ils ne parlent que de déménagement et de Grenoble !
Elle se tourna vers son amie, la tête toujours plongée dans ses bras croisés. Elle avait tellement honte d'avoir éclaté en sanglots qu'elle n'osait plus relever la tête. Elle entendit quelques chuchotements dans la classe et leva enfin les yeux. Tout le monde, y comprit le prof de musique s'était avancé devant son bureau, leur regards pleins de compassion. Camille rougit et ne sut quoi dire. Cette fois, ce fut Romain qui prit la parole.
- Vous savez, elle va partir loin et on ne la reverra sûrement plus jamais...
Il avait parlé sur un ton qui toucha les c½urs. Les filles de la classe s'approchèrent de Camille. Cette dernière ne les aimait pas trop, mais vu que Romain était un beau gosse célibataire, celle qui se rapprocherai de Camille aurai des chances de se rapprocher de lui. C'était d'ailleurs pour ça que la jeune fille ne les appréciait pas. Elles se mirent à lui dire pleins de paroles gentilles, lançant de temps à autres des regards vers Romain pour lui montrer qu'elles aimaient énormément Camille, ce qui n'était bien sûr pas le cas. L'heure qui suivit fut consacrée entièrement à Camille. Le prof de musique était aussi leur prof principal et les deux matières s'enchaînaient l'une après l'autre dans la journée. Tout le monde n'en avait que pour Camille ; Les filles, espérant captiver l'attention de Romain, et les garçons, eux tout simplement car ils avaient du c½ur. La seule personne qui n'était pas vraiment à l'attention, c'était Julien. Il dessinait quelque chose, au fond de la classe. La sonnerie finale sonna et le c½ur de Camille sauta hors de son corps. Cette sonnerie annonçait pour elle l'équivalant de la fin de sa vie. Lorsqu'elle sortit, tout le monde était regroupé autour d'elle, comme un V.I.P a ses gardes du corps. Elle regarda son collège avec des yeux pleins de nostalgie. Une dernière larme s'échappa de son ½il gauche, puis une autre coula de son ½il droit, comme pour suivre la première. Elle les sécha. Toutes les personnes de la classe lui avait donné leur adresses postales et msn (mis à part Julien). Elle réussit enfin à se libérer du flot des élèves et prit le chemin pour rentrer chez elle. Sur le chemin, elle aperçut une silhouette devant elle qui s'était arrêtée. Elle reconnu vite celle de Julien ; Grand et plutôt musclé, ses cheveux étaient bruns et ses yeux noirs et profonds. Sa silhouette était légèrement courbée, et c'est grâce à ça que Camille la reconnut presque tout de suite. Elle s'approcha jusqu'à lui et s'arrêta en entendant le son de sa voix.
- Camille. avait-il dit doucement.
- Euh... Je je... O... Oui ? Bégaya-t-elle.
- Je suis désolé que tu parte. Tu me manquera énormément. Prononça-t-il sans autant de difficulté que Camille avait pour parler en face de lui. Elle devint rouge comme une pivoine.
- Je... Euh... Oui, merci. Toi... Toi aussi tu me... Manquera.
Je dois absolument lui dire ! C'est ma dernière chance ! pensa Camille.
Elle leva les yeux vers lui et lui lança un regard attendrit. Il y répondit par un sourire.
- Julien, je... Je voulais te dire, euh...
- Me dire ?
- Je euh...
Camille devint encore plus rouge, baissa la tête et déclara d'une voix, entre la parole normale et le hurlement :
- Je t'aime depuis le jour où je t'ai rencontré !